Les Africains "ont beaucoup à apprendre" de l'Algérie en matière de lutte contre le terrorisme

ALGER-06/09/2015 (APS)- Les pays du continent africain ont "beaucoup à apprendre" de l'Algérie en matière de lutte contre le terrorisme notamment sa "capacité de réponse effective" aux actes terroristes, a indiqué dimanche à Alger le directeur du Centre africain d'étude et de recherche sur le terrorisme (CAERT), Francesco Madeira.

 

 

"Notre objectif est renforcer les capacités de ces Etats à affronter le terrorisme comme le fait l'Algérie", a déclaré M. Madeira à l'APS en marge d'un séminaire de formation organisé par le CAERT du 6 au 10  septembre en cours en collaboration avec la police fédérale d'Allemagne (BKA).

 

Selon lui, il s'agit d'abord d'"empêcher" les actes terroristes mais aussi de pouvoir "identifier, poursuivre et neutraliser" les groupes terroristes.

 

"C'est ce que nous voulons pour tout le reste du continent", a-t-il souligné, précisant que cela constitue une "capacité de réponse effective qu'il est nécessaire de développer".

 

Concernant le séminaire de formation, M. Madeira a expliqué que  "l'attention est tournée vers les moyens à développer afin d'empêcher les terroristes de ramasser des ressources financières à travers le paiement des rançons".

 

M. Madeira a expliqué que ce séminaire de formation, le premier d'une série d'autres qui se tiendront dans d'autres régions, vise à doter les experts en matière de lutte contre le terrorisme notamment ceux chargés des enquêtes et des négociations, de tous les moyens pour mener avec succès leur mission.

 

"Nous avons ici 12 pays du processus de Nouakchott. Le Kenya et la Somalie ainsi que le Cameroun sont également présents. L'idée est que les experts de ces pays soient munis de tous les éléments nécessaires pour réussir aux négociations de manière à empêcher leurs pays de payer des rançons ou qu'ils fassent des concessions politiques", a soutenu le directeur du CAERT.

 

M. Madeira a rappelé que son organisme a pour mission de renforcer les capacités des pays africains en matière de lutte contre le terrorisme, considérant le financement du terrorisme est source de renforcement de ce phénomène lui-même.

 

"Nous avons estimé qu'il fallait faire quelque chose sur la question des enlèvements des otages pour payement des rançons. Notre souci est d'arrêter cela", a-t-il dit.

 

L'autre objectif aussi est "d'œuvrer à ce que l'idéologie de l'extrémisme violent n'attire plus les jeunes africains en développant avec la Ligue des Oulémas du Sahel les activités nécessaires pour mettre un barrage au recrutement des jeunes africains notamment de l'Afrique du nord qui contribuent au renforcement de ces groupes extrémistes en Syrie, en Irak, en Libye", a-t-il poursuivi.

 

L'autre front de lutte, estime M. Madeira, est de "stopper les flux des ressources financières et matérielles aux terroristes en empêchant le payement des rançons et le trafic de drogue" exercé par des groupes terroristes au Sahel.

 

Lors de son allocution d'ouverture du séminaire, M. Madeira a souligné l'importance de renforcer et de développer la formation à travers l'échange d'expériences et l'échange d'information avec les pays membres de l'Union africaine touchés par le fléau terrorisme.

 

Il s'agit à ce titre, de renforcer les moyens de coordination, du rôle des médias, des techniques de recherches, des équipements de négociation, des aspects qui viennent en complément des efforts militaires.

 

Pour sa part le chargé d'affaires de l'ambassade d'Allemagne en Algérie, Wolf Gag Klapper, a estimé que cette rencontre "offre une opportunité pour connaître les approches des pays concernés sur la question".