Ressortissants syriens bloqués à Figuig (Maroc): l'action humanitaire de l'Algérie entravée

BECHAR - Mercredi, 07 Juin 2017 (APS) - Les ressortissants syriens, bloqués sur le sol marocain depuis le 17 avril dernier, n'ont pas pu rejoindre, comme il était attendu, le territoire algérien à partir du poste frontalier de Beni Ounif, à 110 km au nord de Bechar, en raison des tergiversations marocaines qui ont entravé cette opération humanitaire.

 

Depuis lundi, les autorités locales, le représentant en Algérie du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), Hamdi Boukhari, et des cadres du ministère des Affaires Etrangères avaient pris toutes les dispositions pour accueillir, à titre humanitaire, ces migrants dont une femme enceinte et des enfants. 

 

Dans la localité de Beni Ounif, tout était prêt pour assurer des conditions de prise en charge optimales à ces ressortissants. Une auberge de jeunes, d'une capacité d'une cinquantaine de chambres dotées de tous les équipements, a été transformée en centre d'accueil. Des repas chauds, préparés sur place, devaient être servis. Une équipe du comité local du Croissant rouge algérien et de la protection civile était présente sur place pour assurer la couverture sanitaire et psychologique aux membres du groupe.

 

Arrivés sur place, la délégation officielle algérienne et le représentant du HCR ont été surpris par le refus des autorités marocaines d'autoriser à ces ressortissants l'entrée au territoire algérien par le  poste frontalier de Beni Ounif.

 

Lundi, jusqu'à une heure avancée de la nuit, Hamdi Boukhari a multiplié les contacts avec les responsables du HCR à Genève et ses collègues de la région MENA et du Maroc, leur demandant d'intervenir pour un dénouement de ce problème.

 

Lors d'une rencontre, tenue lundi soir au cabinet du wali de Bechar, qui a regroupé les autorités locales, le représentant du HCR en Algérie et les représentants du MAE, des précisions ont été apportées sur la première tentative avortée d'accueillir, dans la matinée, les ressortissants syriens.

 

Ainsi, la délégation algérienne et le représentant du HCR se sont rendus, lundi, au poste frontalier de Beni Ounif, sur la base des assurances données par le représentant du HCR à Rabat à son collègue d'Alger quant au bon déroulement de cette opération, a-t-on appris de bonne source. Sur le terrain, la situation a été toute autre: le HCR n'a pas été en mesure d'aboutir à une solution.

 

La partie algérienne avait informé le représentant du HCR qu'aucun nouveau déplacement ne se fera, le lendemain (mardi), vers le poste frontalier de Beni Ounif, tant qu'aucune assurance ne serait donnée quant au bon déroulement de l'opération au niveau du poste frontalier de Beni Ounif.

 

Dans une déclaration à l'APS, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif, a souligné, mercredi, qu'en dépit de toutes les dispositions prises pour accueillir ce groupe de migrants, le HCR (Haut commissariat aux réfugiés) n'a pas été en mesure d'aboutir à une solution.

 

Devant cette situation regrettable, l'Algérie se voit contrainte de lever provisoirement le dispositif mis en place pour leur accueil et leur prise en charge et ce, dans le respect des règles et de la pratique internationales en la matière, a ajouté le même responsable. 

 

L'Algérie avait décidé, le 1er juin dernier, d'accueillir, à titre humanitaire, un groupe de ressortissants syriens, dont une femme enceinte et des enfants, bloqués, depuis le 17 avril, à Figuig.

 

Le porte-parole du MAE avait souligné que "ce geste humanitaire exceptionnel que l'Algérie tient compte de la situation particulièrement difficile dans laquelle se trouve ce groupe et procède de la volonté de l'Algérie d'y mettre un terme en ce mois sacré du Ramadhan en accueillant sur son territoire les membres de ce groupe de migrants syriens, d'assurer leur hébergement, de leur prodiguer les soins nécessaires et de leur permettre, si tel est leur souhait, de rejoindre d'autres membres de leurs familles, dans le cadre d'un regroupement familial dans d'autres pays". 

 

 

 

  

 
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Interview de Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères,